Le voyage des Petits Coqs Migrateurs sur grand écran!


Le 23 Septembre à 17h00, l'association DIDA vous invite à la projection du film des Petits Coqs Migrateurs à la salle de l'ancienne gare de Lautenbach

La famille Haehnel qui a passé 9 mois autour du monde relate cette aventure en images à la salle de l'Ancienne Gare de Lautenbach. Le décollage est prévu pour 17h00, les spectateurs seront transportés dans un voyage entre l'Amérique du Sud, le Pacifique et l'Asie du Sud Est. 

 

Petits et grands pourront rire des dessins humoristiques de Manu (le papa) présentant "Le Coq" dans des situations cocaces. Milo (8 ans) et son bestiaire vous feront rencontrer otaries aux Galapagos, alpagas dans les Andes, raies manta en Calédonie et autres dragons à Komodo. Anna (5 ans) vous touchera avec ses mots d'enfants et Lola (12 ans) racontera ses immersions en tribus quechua, manggarai ou kanak. Quant à Caro (la maman), par ses textes poétiques, elle emmenera loin, très loin des tracasseries de la rentrée. 

 

La projection en deux parties de trente minutes chacune sera entrecoupée d'une entracte et est donc adaptée aux familles voyageuses ou simplement curieuses, qui pourront échanger sur place avec les Petits Coqs. L'entrée est libre et gratuite. Un plateau (ou la commande du livre) seront proposés au profit de l'association DIDA. Une séance de dédicace avec dessin du Coq sera organisée pour ceux qui ont déjà commandé leur exemplaire. 

 

Pour plus d'informations: 07 81 38 74 78 ou www.petitscoqsmigrateurs.fr 


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Petits Coqs Migrateurs : Le Film !
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L'album des petits coqs enfin disponible!

L'itinéraire, le journal de bord, les coqs de Manu et les mots d'enfants réunis dans un album! 65 pages tout en couleur qui retracent les neuf mois de voyage à travers trois continents. Maintenant disponible au prix de 17 euros.

 

L'intégralité de la recette sera reversée à l'association DIDA (d'ici et d'ailleurs) de Guebwiller. Cette association a pour objectif toute forme d’action de solidarité en faveur de personnes de nationalité française ou étrangère en situation de précarité.

 

Vous pouvez passer commande par carte bancaire sur notre cagnotte leetchi ou en envoyant votre adresse postale ainsi que votre règlement espèces ou chèque à:

 

Petits Coqs Migrateurs (Caroline Haehnel)

38 rue Haute

F-68610 LAUTENBACH - FRANCE

 

Les albums seront dédicacés et remis au cours d'une soirée diaporama qui aura lieu le 23 Septembre à 17h00 à la salle polyvalente de Lautenbach (France). Ceux qui ne pourront pas s'y rendre pourront être livrés par la poste. 

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Le coin des poussins


Les temples et les voies qui y mènent

Bangkok possède deux types de temples. Les premiers, connus sous le noms de "malls", temples de la consommation, nous engloutissaient hier avec pour mission de chausser les enfants de neuf pour affronter les bouleversements climatiques qui nous attendent.

 

Aujourd'hui, à peine remis, nous avons coché les seconds au Wat Pho, temple du bouddha couché. Si les Dieux pouvaient se détendre, les simples mortels sont soumis aux joies des transports dans la mégapole. Après avoir examiné les mille-et-unes possibilités, nous décidons d'emprunter les voies du fleuve qui s’avéreront impénétrables. Passées les négociations avec le taxi, évités les attrape-touristes, nous embarquions en pères à peu près peinards sur la grand mare des canards qui ici se nomme "Chao Phraya River". Le ferry public a un grand avantage: il flotte. 

 

Passé cela, le rafiot tangue, avance sur le clapot, avale les passagers et les recrache sur les quais sans autre forme de procès. Pour organiser le tout, une mégère braille, vilipende les plus lents et vise les tickets. Sortis de la gueule du monstre, il nous faut quelques instants avant de continuer jusqu'aux abords du temple où les marchands de plus en plus nombreux nous confirmaient que nous approchions. 

 

Certains de trouver le bouddha dans la même position, nous pouvions ralentir le pas et franchir sereinement les portes du Wat où les touristes patients comme le bonze faisaient la queue. Sachant que le plus grand nous attendait à la sortie, nous pouvions nous perdre dans les dédales du temple pour y découvrir les autres. Les petits, les moyens, les grands, les assis, les debouts, les dorés, tous imperturbables. Sages comme des images, nos petits moine-aux affrontaient la chaleur et la foule avec grand courage. Pour finir, le voilà enfin: il est immense, il est doré, il est couché; le veinard! 

 

Nos jambes sont lourdes et nous n'avons plus la force d'engager les duels de perches à selfie pour réaliser "la" photo magazine que chacun ajoutera à son profil. Nous quittons le temple par les mêmes voies du fleuve, avec l'enseignement du bouddha adapté: dompte ton esprit. Nous ne perdrons donc pas patience malgré les détours. Nous ne bafferons pas la mégère qui nous harangue. Et nous accepterons sans faillir l'issue d'une négociation à l'avantage de la fripouille de taxi qui nous ramènera du port. 

 

Nous voilà de retour. Et pour quelques instants, le temps d'une méditation bien méritée, nous adoptons à notre tour la position du grand Bouddha: couchée. 

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Le jeu des différences


Ce que le voyage a changé... 


Episode 3: j'ai réalisé que l'ennui valait de l'or

 

Le voyage libère d'un tas d'obligations: pas de courses à faire, pas de paperasse à remplir ou de coup de fil à passer et ainsi, une quantité énorme de temps s'en trouve libérée... 

 

Disparues les "corvées" qui, avouons-le servent aussi parfois de prétexte pour se retrouver seul avec soi même (que celle qui n'a jamais filé suspendre une machine à la cave pour cesser d'entendre les disputes jette la première pierre). En exposition permanente, nous sommes ici sans échappatoire à une présence pleine et entière aux autres membres de la tribu. 

 

Aux temps dits "de qualité" qui alimentent l'album photo et le catalogue des souvenirs s'ajoutent des moments ingrats, parfois même ennuyeux. Ils constituent des "no man's lands" temporels, à priori inutiles. Il n'en restera aucun souvenir mémorable. Jamais en se retournant sur l'Histoire, on n'entendra: "eh, tu te rappelles les trois heures de queue à l'embarquement du Kuala Lumpur - Vientiane comme c'était génial?"

 

Quelle injustice. Car ils auront, ces mal aimés, abrité nombre d'instants fondateurs. Dans le bus et en sueur, après la quatrième lecture consécutive de l'histoire de "Petite Pomme" (conte de noël du grand nord), regarder Anna lutter puis s'abandonner enfin au sommeil dans mes bras restera l'un de mes souvenirs les plus émouvants. Comme sentir autour de ma taille, sur le scooter, les bras de Lola se resserrer à chaque nid de poule. Ou encore regarder Milo organiser son hôtel et se préparer à l'arrivée de ses clients fictifs. 

 

Les moments perdus auront nourri les liens, peut-être d'avantage encore que les aventures extraordinaires que nous avons vécues. C'est eux qui seront le plus mis à mal par l'aspirateur qu'il faut absolument passer.

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Huit mois plus tard...

15 Mai 2017

On leur prescrirait bien des vacances au soleil à ces cinq là... 

15 Janvier 2018


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Le jeu des différences


Ce que le voyage a changé... 


Episode 2: je reconnais l'altérité (à défaut de l'accepter)

 

La tolérance ne fait pas partie de la liste de mes qualités. Quand j'évalue des options et que je décide d'un chemin, j'ai tout le mal du monde à accepter qu'il puisse y en avoir d'autres, voire des plus courts ou des plus intéressants.

 

Grâce à un gros travail sur moi-même, j'arrive à peu près à m'entendre avec mes semblables occidentaux en refrénant une trop prépondérante autorité. 

 

Mais la psychologie lao a mis mes certitudes en déroute, me forçant à accepter que - décidément - il y avait d'autres modes de pensée possibles, parfaitement honorables. 

 

L'anecdote commence alors que nous cherchons à louer deux scooters pour une semaine. La plupart des touristes en louant un seul pour 24 heures, je me dis - en utilisant mon mode de pensée occidental - qu'il y a ici matière à négocier un tarif de volume. "Combien pour deux scooters pour sept jours?" Demande-je à la première échoppe, fière de mon pouvoir d'achat! Quand le vendeur sort sa calculatrice, je me frotte les mains, jusqu'à ce que je me rende compte qu'il multiplie simplement le prix journalier par 2 puis par 7 pour annoncer le résultat de son calcul dans un grand sourire.

Ne me décourageant pas, j'ajoute "y a-t-il une remise pour 14 journées de location?". La réponse est très simple: "Non, il n'y en a pas". Il est presque choqué que je puisse poser la question.Ce vendeur préfère donc que ses scooters garnissent sa collection devant son magasin plutôt que de nous accorder une petite ristourne... Piètre vendeur, me dis-je. Allons voir plus loin.

 

Toutes les agences de location de Luang Prabang auront la même réponse. Tous! Les bras m'en sont tombés de si peu de sens du commerce. 

 

La culture lao est définie largement par le bouddhisme theravada qui implique le contrôle des émotions. Les émotions fortes sont totalement taboues. Le karma, plus que la prière ou que le travail est supposé déterminer le destin et ainsi, les laos ne considèrent pas le travail comme une valeur. Cette découverte me pétrifia: il y a donc des sociétés où le goût de l'effort n'est absolument pas valorisé, et cela va plus loin! Les laos sont convaincus que trop d'activité mentale est mauvaise pour le cerveau, ils se sentent sincèrement désolés pour ceux qui pensent trop. L'instruction et le travail intellectuel y sont donc considérés comme des stress psychologiques délétères. 

 

Evidemment, dans ce contexte culturel, le pays se fait littéralement cannibaliser par ses voisins - notamment chinois - qui y mènent des projets économiques de grande envergure et exploitent à leur place les ressources du pays. Mais les laos sont heureux, souriants et bienveillants et ils nous plaignent de nous abaisser à triturer nos méninges à en tomber malades... 

 

Je n'ai pas encore fini d'absorber cette découverte! 

 

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Le jeu des différences

Nous voilà posés. Une jolie maison à deux chambres, une cuisine pour faire à manger, une table pour les devoirs. Un peu de temps pour décompresser, redonner peu à peu des rythmes à notre quotidien... et pour se retourner sur les huit mois qui viennent de s'écouler. 


Ce que le voyage a changé... 


Episode 1: j'ai (un peu) moins peur pour l'avenir de mes enfants

 

Parce qu'une voyageuse clandestine s'est invitée dans notre périple. Elle n'était pas prévue au programme, mais elle a mûri dans le creuset de notre projet. Elle a permis à Milo de faire un one-man show sur une scène de cent personnes. Elle a aidé Lola a sauter d'un promontoire de six mètres. Elle a poussé Anna au sommet de l'île du soleil à 4000m d'altitude.

 

Cette formule magique aujourd'hui me rassure, grâce à elle, les enfants bravent leurs appréhensions et embrassent l'inconnu pour satisfaire leur insatiable curiosité. Ce cadeau aussi fragile que précieux est aujourd'hui notre trésor: c'est la confiance. 

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Mémoires d'éléphant

Pour ceux qui ont suivi, nous étions coincés à Mae Ma Lai, au milieu de nulle part (spéciale dédicace pour papilou!). Nous avons demandé à la réceptionniste de l'hôtel de nous mener sur la route principale, puis la navette du parc nous a attrapés au vol et menés dans cette vallée éloignée des tribus Karen où vivent les éléphants. C'était risqué mais çà a fonctionné malgré les traductions!

 

Nous voilà donc enfin arrivés pour vivre l'un des grands moments du tour du monde, inspiré il y a quelques années par l'émission "Faut pas rêver" que vous retrouverez plus bas dans ce dossier spécial. 

 

Même si nous ne sommes pas ultra-sensibles à la cause animale, il est impossible de ne pas s'émouvoir devant cette bande de trompes cassées réunie dans un parc pour être soignée et bichonnée. 

 

Lek (c'est son prénom), rachète à leurs propriétaires des éléphants blessés ou maltraités pour leur faire couler des jours heureux auprès de bénévoles et touristes qui préparent 300 à 400 kg de repas quotidien à chacun des 74 protégés. 

 

Certains ont sauté sur des bombes en forêt, d'autres ont été écrasés par des troncs, les troisièmes sont blessés par les sièges en métal de transport de touristes. La plupart a été frappée ou affamée pour travailler et présente à son arrivée des séquelles psychologiques graves (ils se tapent la tête contre les arbres). 

 

En arrivant au camp de Lek, les éléphants recrutent eux-mêmes leur "mahout" (gardien) pour qui l'éléphant devient le travail d'une vie car il devra le nourrir toutes les trois heures (nuit et jour). L'éléphant choisit ensuite ses amis et vit en liberté avec sa bande, se baigne dans la rivière, joue ...et visiblement adore çà!

 

Les touristes sont de plus en plus sensibles à la qualité de vie des bêtes et préfèrent contribuer à leur bien-être que prendre des photos sur leur dos. Le parc prospère, sa mission d'éducation se propage et tout le monde a l'air content! 

 




ABCtiaire de Milo: E comme Elephant

Ma rencontre

 

J'étais en Thaïlande dans "Elephant Nature Park": c'est un parc de protection des animaux. En plus des éléphants il y a aussi des chiens et des chats, mais restons sur les éléphants. Il y avait des petits éléphants avec de grandes histoires émouvantes. Je vais vous en raconter une. Un éléphant effrayé par un groupe de touristes avait peur et comme il était aveugle, il fonçait dans tous les arbres. Un autre éléphant a vu çà et il est venu l'aider. Depuis ce jour ils sont devenus de grands amis. 

 

Partie scientifique 

 

Les éléphants d'Asie sont plus petits que les éléphants d'Afrique. Il a un seul doigt au bout de sa trompe. Il est herbivore et peut manger jusqu'à 10% de son poids chaque jour. 



L'hebdo de Lola

Je vais vous raconter notre séjour chez les éléphants.

 

Nous sommes arrivés dans le parc accueillis par des dizaines de pachydermes, tous plus beaux les uns que les autres et avons commencé à gambader entre les trompes.

 

Nous sommes allés voir deux éléphantes dont l'une blessée par un tronc d'arbre en forêt. Elles étaient douces comme des agneaux et dans leur regard si profond, on voyait qu'elles étaient pleines de sagesse. Toute l'après midi, nous avons regardé ces grandes bêtes puis nous les avons passées à la douche! Mais pas de bol, après le bain les éléphantes se sont roulées dans la boue! Ces grandes bêtes étaient toutes accompagnées d'un "mahout", non pas pour les frapper mais pour les suivre et les guider toute la journée. 

 

Le lendemain matin notre guide nous a fait une visite privée du parc. Nous avons pu voir les mâles qui étaient séparés dans des enclos car ils sont plus agressifs que les femelles. Puis nous avons préparé les boulettes de banane pour les vieilles éléphantes sans dents. Dans la nature, les éléphants perdent leurs dents à 80 ans, ce qui les condamne. Ici au parc, les bénévoles préparent un régime spécial: un mélange de riz, de maïs, fleur de riz, sel, bananes écrasées: et le tour est joué! 

 


- Anna: "j'ai fait un petit éléphant et un grand éléphant"


Le match: éléphant d'Asie et d'Afrique


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Le bestiaire de Milo - T comme Tortue


Partie scientifique

 

Il existe plusieurs espèces de tortues, certaines sont marines (les tortues "grosse-tête") et certaines sont terrestres "les tortues géantes des Galapagos". On dit que les tortues sont très lentes, en effet, leur carapace et la forme de leurs pattes les ralentissent. Les tortues peuvent pondre une centaine d’œufs. Elles peuvent manger des plantes, par exemple des géraniums, des roses et des pissenlits. Les tortues marines mangent essentiellement des algues et des céphalopodes.

 

Ma rencontre

 

J'étais en Equateur aux Galapagos sur l'île d'Isabela, je faisais du snorkeling dans un lagon protégé par la barrière de corail. Les tortues marines étaient là, posées sur le sable, elles nous regardaient avec leurs gros yeux; c'était émouvant. Plus tard, j'ai rencontré la tortue terrestre au détour d'un chemin cette grand-mère semblait pleine de sagesse. On l'a observée longtemps. 



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Au temps du Laos

Il est quatre heures du matin quand retentissent les bruits sourds du tambour. On se dit alors que le moine qui officie au gong a la main lourde, ou qu'ils y ont collé le plus costaud. Le roi du gong (à traduire en anglais pour la blague) qui nous sort de notre sommeil annonçait tout autre chose.

 

C'est bien sûr! Nous sommes le 2 Décembre, jour de fête nationale (une de plus à notre actif). Il y a quarante deux ans, le 2 Décembre 1975, le roi abdiquait et nous avons choisi ce jour pour filer comme jadis le nôtre s'enfuyait à Varennes. Pour carrosse nous empruntons un "long boat" et suivons la voie du Mékong. Notre aventure ne connaîtra fort heureusement pas la même issue que celle de Sire Louis XVI.

 

Elle se poursuivra en Thaïlande pour connaître son épilogue. En attendant, on laisse défiler la bobine des images qui déroule des paysages intacts. On remonte le cours du fleuve et du temps. Le Laos nous ouvrait sa frontière il y a un mois. Dès lors le temps n'a plus compté et a même ralenti jusqu'à inverser son cours pour nous ramener en Indochine où Luang Prabang étalait son raffinement. 

Mais le drapeau rouge qui flotte au vent ce matin, au côté du drapeau Lao nous rappelle que le temps des colonies est révolu. Le peuple Lao se souvient aujourd'hui du prix qu'il lui en coûtât. Pour les français d'alors c'était encore une histoire de fuite. Notre exil, lui est consenti, nous laissons un beau pays et des habitants discrets cernés par de puissants voisins (la Chine) qui le sont beaucoup moins. Là l'Histoire reprend son cours, quand celui du Mékong s'en trouve ralenti, dévié, maîtrisé par des ouvrages d'art qui marquent l'entrée dans une nouvelle ère. 

 

Il faudra bien deux jours de navigation pour nous ramener à une autre réalité où la lenteur n'est plus une vertu. 

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Le troisième bleu

Il y eut d'abord le bleu du ciel, intense et profond, juste au dessus de nos têtes au lac Titicaca.

 

Sur l'île du soleil, ce bleu roi ne souffrait aucune concurrence. Aucun nuage ne se permettait de le remettre en question: il régnait en maître incontesté sur le paysage andin. Franc et puissant, c'était le bleu le plus fort. 

Vint ensuite le bleu de la mer, juvénile et mutin des îles du Pacifique.

 

Un bleu joyeux dans lequel j'entends encore les enfants s'éclabousser et rire. Un bleu que crevait çà et là une petite tête verte de tortue marine. Un bleu que sciait le vol des raies. Ce bleu ci nous surprenait tous les matins de son impertinence. 

Et voici aujourd'hui le troisième bleu.

 

Ici, au Laos, dans les cascades de Luang Prabang. Bleu vert, à moins que ce ne soit un vert d'eau. Pur et discret, volant d'un bassin à l'autre dans cette terre argileuse géométriquement agencée, ce bleu givré nous fait glisser dans les cascades. Dans cette improbable palette fraîche se baigne le gris des éléphants. Nous ne nous attendions pas à ce bleu là, doux et glacé au milieu de la jungle. 

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Le bestiaire de Milo - O comme Otarie


Partie scientifique

 

Les otaries sont des mammifères marins carnivores. Elles se nourrissent de poissons, de céphalopodes et de crustacés. Elles vivent dans l'océan Pacifique. On les distingue des phoques grâce à leurs petites oreilles.  

 

Ma rencontre

 

On était aux Galapagos près de l'île Santa Cruz lors d'une sortie snorkeling. On s'est mis à l'eau. On s'est rapproché des rochers et les petites otaries sont venues jouer avec nous pendant une demi heure. Elles étaient mignonnes avec leurs petites moustaches qui chatouillaient. 



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Poisson pilote

Tant va l'homme à la mer qu'à la fin elle l'adopte.

 

Voilà quelques mois que nous échouons régulièrement sur les récifs du monde entier, naufragés volontaires, squatters d'atolls ou conquérants d'un monde perdu. 

 

Demain nous quittons cet univers qui aura été notre cuisine, notre chambre à coucher, notre salle de classe, pour retourner dans la civilisation. 

 

Avant d'y plonger corps et âme, un dernier bain s'imposait. Ma balade suivait le récif comme le chemin gravit la montagne. il m'attendait là et m’emboîtât le pas ou la palme. J'avais trouvé mon poisson pilote, il avait trouvé sa baleine à l'abri de laquelle il ne craindrait rien. Inquiet d'un tel importun, j'aurais pu m'écrier "cétacé!" mais l'animal qui nageait à deux nageoires de mon museau n'était pas de taille à me faire de l'ombre. Il m'avait choisi comme protecteur et la mer avec lui me témoignaient une confiance que je lui rendais. 

 

Nous naviguions en pères peinards sur la grand mare. Copains d'abord, pour un bout de chemin. Quand je regagnais enfin mon ponton pour quitter l'animal que j'incarnais et celui qui me guidait, je me retournais une dernière fois pour vérifier qu'il avait trouvé abri. Le mien m'attendait au delà des mers. 

 

J'avais le sentiment d'avoir quitté un proche, pourtant l'évolution nous avait séparés il y a des millions d'années. Cet être fréquentait un monde où bat lentement le rythme des marées comme le mien bat au rythme des saisons.

 

A bientôt mon Némo. Ton Moby Dick. 


Isolés à Kanawa


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Belaragi: rendez-vous en terre inconnue

...et avec nos limites

Nous avons de l'eau potable pour brosser nos dents ce matin, mais nous zappons la douche avant de nous remettre en piste pour poursuivre l'incursion vers le centre et la tribu Ngada. 

 

Je ne sais pas si c'est les cinq heures de nausée sur les chemins, la chaleur des trois soleils, le manque de sommeil et d'hygiène, mais une grosse, grosse fatigue s'empare de nous. J'explore des scénari de rapatriement et penser à notre salle de bains me met du baume au coeur.

 

Les enfants sont admirables, ils sourient à l'arrivée à Belaragi et répondent aux attentes des villageois qui nous les serrent dans leurs bras. L'entrée dans le village est surréaliste. Au pied du volcan Inere, le soleil se couche tandis que se dévoilent les cabanes de la tribu dans une lumière rasante. 

 

Nous sommes attaqués par des nuées de moustiques tigres dans la zone la plus impaludée d'Indonésie. Notre guide nous propose de prendre une douche que nous acceptons avec joie. Ce sera la douche la plus épique de tout le voyage. Les enfants passent leur tour, ils réclament des toilettes et un lit. Ce ne sera pas encore pour ce soir...

 

Nous sommes attendus par cérémonie animiste de bienvenue. Le chef de la maison sacrifie un poulet devant nous dans un rituel qu'il est difficile de soutenir. Le sang est utilisé pour symboliquement protéger la maison, on nous en met sur les mains pour nous porter chance. Opa (grand-père) examine les tripes de la bête. A part quelques histoires de jalousie dans le village, tout a l'air normal dans les intestins. 

 

Oma nous accompagne sous notre hutte, elle restera à nous observer - curieuse - jusqu'à notre endormissement. Il est des jours où on s'enfilerait bien une petite poire. 

 

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Le bestiaire de Milo - K comme dragon de Komodo


Partie scientifique

 

Le varan de Komodo est un grand lézard pouvant atteindre deux voire trois mètres de long (il arrive environ à la taille d'un humain adulte) et pèse de 70 à plus de 140kg.  Comme le serpent, il a une langue qui sert à détecter les odeurs. Ses griffes mesurent 5 cm. Sa morsure est mortelle, sa salive contient du poison. 

 

Ma rencontre

 

J'étais dans le parc national de Komodo en Indonésie. Nous sommes arrivés en bateau après deux jours de navigation. A quelques mètres du port, je vois mon premier dragon, il m'a paru très grand. J'ai eu peur. 

 


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Kantor Imigrasi Mataram

Visa - au delà des limites | partie 2

A 5, le 11 à 9h30, on se pointe. Le décor n'a pas changé, l'inspecteur Derrick s'y sentirait comme chez lui. 

 

Au bout de l'attente interminable, le motif à carreaux du papier peint commence à imprégner nos esprits et nous basculons dans une autre dimension. A imaginer Caro dans le carreau du carreau du carreau, on s'enfonce dans une autre réalité. Côté fois quatre. Le périmètre est limité et on fait vite le tour. Les enfants tournent en carré. Côté fois côté, l'aire se restreint et s'emplit de la fumée âcre du cashier comptable qui tire sur sa gauloise dans son cagibi de verre. 

 

A

A 5, le 11 à 9h30, on se pointe. Le décor n'a pas changé, l'inspecteur Derrick s'y sentirait comme chez lui. 

 

Au bout de l'attente interminable, le motif à carreaux du papier peint commence à imprégner nos esprits et nous basculons dans une autre dimension. A imaginer Caro dans le carreau du carreau du carreau, on s'enfonce dans une autre réalité. Côté fois quatre. Le périmètre est limité et on fait vite le tour. Les enfants tournent en carré. Côté fois côté, l'aire se restreint et s'emplit de la fumée âcre du cashier comptable qui tire sur sa gauloise dans son cagibi de verre. 

 

A un moment qui ne se situe plus sur l'échelle du temps, on passe à la biométrie dont la règle est composée ainsi: ne pas bouger. Se tenir à angle droit. Présenter un doigt après l'autre. Attendre, toujours, dans une attente élevée au carré. Enfin au milieu d'un brouillard de prénoms du monde entier, prononcé à l'indonésienne, on parvient à reconnaître celui de carreau, enfin de Caro. 

 

Retour à la case départ, mais avec nos visas. On sort du cube par une face et on respire à plein volume. La suite s'écrira dans les limites du visa mais sur des chemins courbes dont nous avons la formule. 

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L'affaire est dans le sasak

Les voilà, fiers guerriers sasaks, torses nus, boucliers et lances à la main. 

 

Les voilà, en sépia, image coloniale hors norme ornant les murs d'un café burger où nous prenions des forces au retour d'une rencontre avec l'administration qui désormais ne tolère plus ni shorts ni jupes. Rhabillés, les héros conduisent des taxis en chemise à oiseau (taxis bluebird), impeccablement civilisés. Jadis adorateurs du soleil, de la lune et des étoiles (wektu telu), les voilà assimilés à l'islam comme on ferait d'un franc-maçon un servant de messe. 

 

Les sauvages ont changé de camps. Ils ont troqué les chapeaux coloniaux pour le panama qui se porte comme la dernière parure d'un chef et le maillot de bain en étui pénien. Les sauvages adorent le soleil et l'étoile de la bintang qu'ils sifflent au clair de lune. 

 

Le Sasak qui sommeille en moi sourit de l'ironie d'une histoire qui n'aura finalement que déshabillé Pierre (le touriste) pour rhabiller Paul (le Sasak). 

 

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Kantor Imigrasi Mataram

Visa - au delà des limites | partie 1

Voilà un exercice bien difficile pour qui n'a jamais su rester dans les cases et qui aime par dessus tout écrire dans les marges et raturer! Heureusement j'avais ma Caro.

 

Je vous conseille amis voyageurs de ne jamais partir sans votre Caro sur vous. Jamais elle ne dépasse et écrit parfaitement dans le cadre tout en déchiffrant (en toutes les langues et ce matin en Indonésien) les subtilités d'une administration que je ne saisis personnellement même pas dans ma langue maternelle.

 

Nous voilà à l'heure dans le bon créneau à la date indiquée au comptoir dit. Après un détour par le vestiaire (pas le bon accoutrement, je rajoute pour une fois une couche au dessus de mon slip français!), en rang par âge on passe au guichet. Et comme il se doit, tout le monde se tient à Caro. 

 

La paperasse arrive comme une volée d'étourneau et je me tourne vers qui vous savez qui sort de son chapeau une liasse de documents rangés et photocopiés tout en remplissant les formulaires manquant. Je dicte les matricules de chacun puis de retour au guichet avant de faire preuve de patience dans un lieu qui invite à l'ennui. 

 

La sentence tombe, mécanique, suite de l'épisode la semaine prochaine pour se faire tirer le portrait. Toujours dans dépasser et moi toujours avec ma Caro.   

 

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Mélanésie

Dans notre imaginaire, une escale dans le pacifique sud - francophone de surcroît - c'était un peu comme des vacances peinard au paradis. Nous tenions à faire découvrir aux enfants le paysage des lagons qui nous avait émerveillés voilà quelques années. 

La Calédonie nous a comblés par ses plages de sable blanc, ses fonds coralliens uniques au monde, le dégradé de bleus de la mer, et patati et patata et ...vous entendez la petite musique promotionnelle derrière? 

 

Nous étions loin de nous imaginer que les plus belles découvertes seraient ailleurs. La Calédonie nous a offert beaucoup plus que ses eaux transparentes, elle nous a ouvert les yeux sur un monde inconnu: celui des peuples du Pacifique. 


Quatre mois

De retour à Nouméa après nos escapades sur les îles, nous fêtons avec Christelle, Daniel et les enfants nos quatre mois sur les routes. 

 

Les Meyer nous ont ouvert leur maison sans nous connaître. Sans leur accueil, leur expérience de l'île, leur soutien moral, logistique et gastronomique (la table de Christelle va faire son apparition dans notre classement!), nous n'aurions pu faire de ces cinq semaines ce qu'elles ont été. Nous les remercions ici du fond du cœur. 


Quatre mois.

 

Le privilège du temps qui nous encourage à nous perdre, en brousse, en tribu, en communauté ou ailleurs. Le temps qui nous a permis de nous asseoir pour manger une roussette avec les anciens Kanaks, de cuisiner sur le feu de la maîtresse de maison pendant que les enfants jouent ensemble à la même table ou encore de prendre un apéro à la gendarmerie. Le temps indispensable pour se faire apprivoiser par ce peuple mélanésien qui par bien des aspects ressemble aux alsaciens, farouche de premier abord, puis tellement attachant. 

 

Paulette et Marc à Gossanah, Fabien et Marie à Fayaoué, Marie à Kirinata et enfin Michelle et Mickaël à Nouméa ont chacun apporté une pièce de ce puzzle, des éléments de compréhension pour appréhender la Calédonie. C'est avec une grande émotion et une profonde gratitude que nous les quittons aujourd'hui. 

 

Car ce soir, nous dormirons à Bali et cela nous paraît trop brutal. 


Une promesse jeune de vingt ans

Michelle. Nous avions perdu sa trace. Avant qu'elle ne quitte l'Alsace où elle était venue étudier, nous lui avions promis de venir la voir à Lifou, son île. C'était en 1997. Malgré internet, il nous a été impossible de la retrouver et de l'informer de notre arrivée sur ses terres. Ce n'est qu'à Lifou que l'enquête a enfin avancé. Elle s'était mariée, avait changé de nom et déménagé pour vivre à ...Nouméa!

 

Nous n'avons donc eu que peu de temps pour honorer cette promesse sur la capitale, la veille de notre départ du pacifique. Michelle et son mari Mickaël nous ont concocté une soirée kanak que nous ne sommes pas prêts d'oublier. 

Levée de kava au nakamal

Nous avons entre autre été initiés au kava, une boisson du Vanuatu à base de racine, un peu terreuse, sans alcool mais aux effets un peu magiques.  

Le kava ne se vend pas dans les débits de boisson habituels. Il ne se vend que dans des "nakamals", dont la traduction malheureuse est "bar à kava". Les nakamals sont des établissements en plein air qui baignent dans le silence et une quasi obscurité. Servi dans une 1/2 noix de coco appelée "shell", le kava est levé, bu d'un trait, et un petit reliquat est offert à la terre.  Le premier effet du kava se fait sentir immédiatement. Le gosier se trouve anesthésié. Cette anesthésie n'est toutefois pas l'effet recherché. Le véritable effet se fait ressentir apres 2 ou 3 shells: relaxation, effet anxiolitique... 

Ce (demi) monde qui nous sépare

Michelle et son mari sont très impliqués dans la gestion environnementale et politique de leur île. Forts de leur culture géopolitique et la connaissance parfaite de leur histoire, ils représentent une nouvelle génération kanak qui milite pour plus de d'implication indigène dans la gouvernance locale. 

 

Michelle a défendu au siège de l'UNESCO l'inscription du lagon d'Ouvéa au patrimoine mondial de l'humanité. Son mari sillonne le monde au nom du FLNKS pour informer les pays membres de l'ONU des difficultés du peuple kanak. Il revenait d'Algérie, ce qui me rendait perplexe. Derrière un large sourire, il m'explique: "ils en connaissent un rayon en matière de colonisation par les français!".

 

En 2018, les Calédoniens se rendront aux urnes pour se prononcer pour ou contre l'indépendance.

 

N'oublions pas qu'un demi monde sépare l'île de la métropole. Quand on observe des batailles de clochers entre Lautenbach et Lautenbach-zell, imaginons l'effet à l'échelle d'une demi planète! Micronésiens, Polynésiens et Mélanésiens constituent les trois groupes de population de l'Océanie et les Kanaks sont mélanésiens. Ils ont émigré des Philippines pour peupler Papouasie, Salomon, Fidji, Vanuatu et Calédonie tandis qu'une autre partie a poursuivi son chemin pour atteindre la Micronésie et la Polynésie (que nous viendrons visiter au cours d'un prochain voyage! :-)

 

L'identité et la culture kanak entre souvent en friction avec la logique cartésienne qu'impose l'administration française. Nous avons pu par nous même constater que la relation au temps, le droit au calme, les notions de propriété et de territoire, ou même quelques référentiels qui nous paraissent basiques comme le système numérique génère des incompréhensions qui peuvent être profondes et irréconciliables. Par exemple, les enfants de la brousse comptent dans une base différente de la décimale. Une main représente 5, et un homme compte pour le chiffre 20 (total des doigts et des doigts de pieds). Pour ces raisons et d'autres, le pourcentage d’échec scolaire est important chez les enfants kanaks, frein à l'accès à des fonctions importantes pour leur territoire.

 

Les bureaucrates cyniques argueront que la Calédonie pourra assumer son indépendance lorsqu'elle sera en mesure de financer son service public. A ceci, nos amis brandissent l'exemple du Vanuatu, qui vit - certes - dans moins de faste depuis son accès à l'indépendance dans les années 1980, mais tutoie le Bhoutan dans les pays les plus heureux du monde. 

 

 

 

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Je suis (Vai)Anna de la baie d'Upi

Journée en mer spéciale pour Anna qui a vogué sur la pirogue de Vaiana. L'île des Pins réinvente les turquoises, les reflets des pins les teintent de verts inédits. 

 

Demain promis, on vous montre ce qui se cache sous la mer... aujourd'hui les batteries étaient bien chargées, mais maman a oublié la carte mémoire dans l'ordi! 

Milo se demande: pourquoi Nouvelle Calédonie? Y en a-t-il une vieille?

Le 4 septembre 1774, l'enseigne de vaisseau James Colnett aperçoit à l'horizon une terre inconnue. Il se trouve à bord du bâtiment commandé par le navigateur et explorateur anglais James Cook.

 

Cook baptise cette terre New Caledonia en l'honneur de l'Écosse. En effet, on dit que l'aspect des côtes lui aurait rappelé cette région de Grande-Bretagne, dont le père de Cook est originaire. (Caledonia est l'ancien nom latin de la province correspondant à l'Écosse britannique.)


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Notre nouveau chez nous!

Nous voilà installés pour une semaine sur la dernière île du Pacifique que nous visiterons avant notre départ pour l'Asie la semaine prochaine. 

 

L'île des Pins est petite (10 km X 18 km), aussi, nous ne changerons pas d'hébergement durant la semaine, ce qui est une grande première. 

 

Nous avons emmené quelques provisions qui nous permettront de tenir quelques jours, ensuite nous aviserons avec le ravitaillement sur l'île. 

 

Le voyage au long cours a un côté méditatif, on ne pense à rien d'autre qu'à l'instant présent. Je me surprends d'ailleurs à compulser mon propre blog pour me rappeler des semaines qui viennent de s'écouler.

Le passé et le futur - si prégnants dans ma vie occidentale - n'ont ici que peu d'utilité. Chaque jour, nous nous demandons où nous allons dormir, ce que nous allons manger et comment nous rendre d'un point à l'autre, ...et puis c'est tout!

 

D'ailleurs quand nous commençons à améliorer notre quotidien pour plus de confort (construire une étagère par exemple) c'est signe qu'il est temps pour nous de nous remettre en marche et plier bagages. 

 

Nous relativisons également sur ce dont nous avons vraiment besoin. L'eau chaude (au moins tiède) est un confort auquel nous avons du mal à renoncer (surtout les filles pour le lavage des cheveux - j'ajouterai aussi peut-être un démêlant). Un réchaud pour réchauffer des pâtes et un endroit pour être au sec en cas de déluge. Des boules quiès et un oreiller pour protéger le sommeil (çà c'est pour moi!) et un livre (peut-être le plus difficile à trouver... nous nous surprenons le cas échéant à apprendre par cœur la carte géographique du lieu!).

 

Et puis, il faut bien l'avouer ...le wifi.

 

Pour Lola et moi en particulier. C'est rassurant de savoir que nous avons une "maison" quelque part avec des gens qui pensent à nous. Merci pour tous vos message d'encouragement et de soutien. La lecture de vos commentaires le matin est un rituel auquel nous ne dérogeons qu'en cas de force majeure!

 

 

La cuisine

Le vaisselier

Salon télé

Salle de bains


Lola croque le coq


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Le monde du silence

Vous vous demandez peut-être pourquoi notre tour du monde est en grande partie guidé par la visite des fonds sous-marins. C’est vrai qu’entre les Galapagos, le Pacifique Sud et l’Asie du Sud-Est, nous allons en prendre plein les masques!

 

Nous pourrions vous répondre que les couleurs du corail nous enchantent, que le vol d’une raie manta nous fait rêver, que la diversité des paysages sous-marins nous passionne. Tout cela est vrai. Mais pas que. 

 

La plupart des voyageurs au long cours que nous rencontrons cheminent en couple. Ils sont souvent étonnés (et effrayés) par la “gestion logistique” que représentent trois enfants sur la route. Je dois dire que dans l’ensemble, on ne s’en sort pas trop mal, sauf pour certaines activités comme la baignade PMT (palmes-masque-tuba).

 

Pour simplifier l’opération, nous avons depuis longtemps lâché l’affaire sur certains “incontournables”. Oui, Sebo, je sais, c’est vraiment horrible, mais nos enfants ne portent plus de lunettes de soleil. On a pourtant essayé très fort. Et si quelqu’un connait une solution autre que la greffe des bras de lunettes sur les oreilles des enfants pour leur faire garder plus de 45 secondes, je suis prête à reconsidérer la question. Après tout, nous côtoyons chaque jour serpents tricot rayés, requins citrons et autres araignées tueuses - tous mortels. Dans la hiérarchie des dangers, nous avons décidé que ça irait comme çà.

 

Donc, nous arrivons aujourd’hui aux falaises de Jokin, magnifique site de snorkeling, sable blanc maculé de patates de corail, visibilité excellente et soleil, présageant d’une multitude de poissons colorés. Les deux cent quarante marches qui nous mènent à la crique ne nous découragent pas (surtout en descente).

 

“Milo, recule toi s’il te plait, il y a 60 m de vide. Non, on ne peut pas sauter d’ici”. On descend, la salade est dans le sac, on se réjouit. “Anna, pourquoi tu n’as pas tes chaussures? Elles sont dans la voiture? Bon, on y retourne”. Faux départ. “Lola, arrête de pousser ton frêre dans la descente”. “Milo, tiens ton chapeau, il va dévaler dans le vide”. On arrive en bas, pas un chat, nous avons la crique pour nous tous seuls. Quel bonheur! “Non, Anna, ne saute pas sans ton gilet”. 

 

Commence alors une avalanche de “mamans”, il peut y en avoir quarante en une minute: “maman, où est mon maillot de bains?”, “maman, on mange quand?”, “maman, la batterie de la caméra est vide”, “maman, j’ai soif”, “maman, tu peux gonfler la fritte?”, “maman, tiens mes habits”, “maman, tu as mon tuba?”

 

Alors quand petit-tuba, moyen-tuba, grand-tuba ont respectivement rejoint petite-bouche, moyenne-bouche, grande-bouche et quand enfin retentissent petit-plouf, moyen-plouf et grand-plouf, je respire profondément et je ferme les yeux.

 

Le monde du silence s’offre enfin à moi. Il n’est pas sous la mer.

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Casés

Au nord de Lifou, Marie nous prête sa case et nous sommes chanceux d'y être au sec. 

Il n'a pas plu depuis plusieurs semaines mais le ciel se rattrape aujourd'hui et pleure tout ce qu'il peut: notre tente n'y aurait pas survécu.

Nous profitons de ces averses tropicales pour décrypter la "coutume": cet ensemble de règles qui régit la société Kanak.

 

Marie est arrivée sur l'île dans sa plus tendre enfance, elle et ses parents se sont tellement bien intégrés que le chef de la tribu leur a donné une terre pour s'installer. 

C'est le seul moyen pour un métropolitain de pouvoir s'ancrer durablement sur l'île.

 

Elle nous explique que les Kanaks vivent dans l'instant présent. Ils ne font pas de provisions pas plus qu'ils ne planifient le lendemain. Alors que l'évocation de la météo avec les anciens d'Alsace déclenchent des flots de commentaires ce "qu'ils veulent", nous recevons ici des: "Demain? Hm... Aujourd'hui c'est bien! Demain, on verra." Les kamajas ont la météo, eux ont le temps. 

A Lifou, nous autres, métropolitains sommes des "Kamajas", traduit littéralement par "rouges". Et les Kamajas ont des difficultés à comprendre les restrictions d'horaires dans la vente d'alcool. 

 

Tout alsacien qui se respecte a toujours une caisse ou deux de Kronenbourg d'avance pour parer à la soif à venir! Marie confirme que les Kanaks boivent ce qu'ils achètent dans l'instant. En stoppant la vente, les autorités coupent donc en effet la vanne et limitent les excès (évidemment un marché noir s'est mis en place, mais ceci est une autre histoire). 

 

Par ailleurs, l'organisation familiale mettrait en déroute n'importe quel état civil un brin tatillon: les enfants ont tous des dizaines de frêres et - plus surprenant - cinq ou six pères. Les professeurs ou gendarmes, souvent métropolitains, en perdent leur latin.

En Drehu il n'y a qu'un seul mot ("kaka") pour désigner le père biologique et l'oncle utérin (le frêre de la mère). De la même façon, les cousins germains maternels et les frêres de sang ne sont pas différenciés dans la langue.

En revanche, les oncles paternels ou cousins germains paternels ont leur dénomination distincte: "on n'est jamais sûrs du père", répond Marie! Chaque foyer de la tribu possède une case traditionnelle qui sert de chambre à coucher pour toute la famille à côté d'un bâtiment en dur qui abrite la cuisine et la salle de bains

 

Toute la lignée matriarcale a le même devoir d'éducation que les parents biologiques dans la tribu. Oncles utérins et père biologique ont un droit d'"astiquage": correction physique qui peut être très violente en cas de faute grave; en particulier manque de respect envers un ancien ou vol.

C'est sur ces considérations ethnologiques que la pluie s'arrête et que nous quittons la douillette case de Marie pour migrer vers le sud de l'île. 

 

Nous nous arrêtons à Wé, capitale administrative, pour déjeuner. Nous pouvons enfin remanger frais à Lifou: la terre est fertile, les tomates sauvages et les ignames énormes. Les ignames sont plantés à l'arrivée des baleines dans le lagon, c'est à dire actuellement. C'est une grosse tâche et toute la famille s'y met. 

 

Ce soir, nous planterons notre tente dans un de ces endroits improbables qu'offre la nouvelle calédonie, sous un manguier dans une cocoteraie. Nous serons bercés par le ressac du lagon tout proche. Le sable sera fin et clair comme de la farine. Il donne à l'eau cette couleur turquoise qui nous étonne toujours. Les enfants joueront seuls sur la plage longue de 10km et le plus difficile aujourd'hui sera de les mettre au travail. 

 

A la tombée de la nuit, nous scruterons le large à la recherche de jets au loin - inversant l'adage: "Quand les kanaks plantent l'igname, les kamajas cherchent les baleines..."

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Sa majesté la raie manta

Dans une carrière de plongeur, apercevoir l'ombre du vol de la manta est exceptionnel. Avoir le privilège de nager avec elle est le rêve d'une vie. Dans les pléiades du sud d'Ouvéa, Pierre le guide connaît leurs heures de passage. Il nous a emmené sur son bateau à leur rencontre.

 

Les anciens disent d'être heureux si la manta vous frôle, cela est preuve d'une santé de fer. Si la manta s'écarte, mieux vaut faire un scanner car elle ressentirait les dysfonctionnements du corps humain. La reine a joué avec nous durant une dizaine de minutes. Les enfants paraissaient tout petits à côté de ses quatre mètres d'envergure.

M comme Manta


ABCtiaire de Milo

Partie scientifique

 

La raie manta est un poisson cartilagineux de la famille du requin. Elle possède de grandes ailes pouvant mesurer sept mètres. Elle est aussi appelée "diable de mer" parce qu'elle a deux nageoires céphaliques qui font penser à des cornes. 

 

Ma rencontre

 

Je me trouvais dans les pleiades du sud à Ouvéa. Nous étions sur le bateau de Pierre, notre guide, quand soudain il nous dit de sauter. Alors nous voyons la raie manta dans toute sa majesté, elle mesure quatre mètres. Je l'ai trouvé très belle, elle volait comme un oiseau. 

 



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En tribu au nord d'Ouvéa

Nous atterrissons sur Ouvéa, « la Wallis lointaine ». On dit que des habitants bannis de Wallis et Futuna ont émigré à la pirogue et baptisé l’île dans leur langue.

 

 

Ouvéa est également tristement célèbre en métropole : elle fût le théâtre d’événements indépendantistes à la fin des années 80 où périrent 4 gendarmes et 19 îliens dans la grotte de Hulup. Le sujet est tabou mais bien présent dans les esprits, les monuments commémoratifs sont encore fleuris.

Tout au nord des Loyauté, Ouvéa est aussi surnommée l’île la plus proche du paradis, et comme Jean Egen situait celui-ci à Lautenbach, nous sommes intrigués et impatients de vérifier qui dit vrai.

 

La préparation du voyage depuis la grande terre n’est pas une mince affaire – et si le paradis correspond à la difficulté d’accès sans doute les Calédoniens ont-ils gain de cause.

 

Seul Marc de la tribu du Nord répond à notre sollicitation, il met à disposition un emplacement pour notre tente. Encore faut-il en emporter une et le matériel de couchage.

Le pèse-personne de Christelle nous aide à calibrer nos sacs dont les kilos qui monteront dans l’avionnette sont comptés.

 

Autant dire que les affaires personnelles seront réduites à peau de chagrin. Nous ajouterons quelques paquets de soupe déshydratée, qui se révéleront précieux. 

 

Paulette nous accueille à Gossanah, au centre de la langue de terre qui sépare le pacifique du lagon classé par l’UNESCO. Sans voiture, rejoindre un ravitaillement ou la mer – l’un comme l’autre à 8km - nécessite qu’on se familiarise avec la coutume locale : le pouce. Les enfants apprennent vite et arrêtent les pickups qui nous font monter à l’arrière, pour le plus grand plaisir des auto-stoppeurs.

Les kanaks sont organisés en tribu hiérarchisée, avec une grande chefferie par aire coutumière, un chef de clan, un chef de tribu et enfin le chef de famille. Tous ont pour mission de faire respecter le droit coutumier, parfois différent du droit républicain. Le rôle de chef se transmet de père en fils.

 

Ouvéa a deux langues propres, l’Iaaï enseigné au collège et le fagouvea importé de Wallis.

 

Séjourner en tribu ressemble à notre incursion en communauté Quechua, la douceur du climat en plus. Autre différence de taille, Paulette n’a pas les soucis de Virginia de Chilcapamba concernant le financement de la scolarité de ses enfants : tout est pris en charge par l’éducation nationale française jusqu’à l’internat si la tribu est trop reculée.

Les soirs de fête, nous nous régalons à la table d’hôtes et avons le plaisir de goûter au poisson ou la langouste pêchés dans le lagon accommodés de papaye râpée, d’igname, de taros et de salade de chou. Au petit déjeuner, la confiture de lait de coco nous rappelle le « dulce de leche » d’Amérique du Sud. Tout le monde ici attend avec impatience le mois de Septembre, lorsque mangues, litchees et autres avocats du jardin garniront les tables.

 

 

Les habitants de l’île consomment ce qu’ils produisent (le coût des produits d’importation est prohibitif) et l’île produit de quoi nourrir tout le monde. Mais pour les simples touristes que nous sommes, difficile de se tenir à un budget de routard malgré la simplicité de notre hébergement. Et si Manu souhaite une bière, il faut tomber les jours « avec » car la vente d’alcool est autorisée seules quelques heures par semaine (aujourd’hui c’est jour « sans » : pas de chance !). 

 

Mais nous découvrons des turquoises inédits dans la mer, des coquillages gros comme le poing et des fonds marins exceptionnels.

 

Demain, nous sortons dans le lagon en bateau, il paraît que l'on peut approcher les raies manta.

 

C'est un rêve qui vaut bien quelques douches froides !

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Sur les traces des héros de notre enfance...

Nous ne pouvions quitter l'Amérique du Sud sans nous retourner sur les pas des héros de notre enfance qui ont foulé ces mêmes terres, et qui sans doute ont inspiré nos velleités de voyage... 

Voici donc ce que j'ai pu trouver des parcours de Tintin, d'Esteban, de Zia et de Tao sur le continent Inca. 


Tintin et le temple du soleil

L'histoire de l'album se déroule entièrement au Pérou. Tintin et le capitaine Haddock débutent leur périple au port de Callao où ils sont arrivés d'Europe en hydravion dans le but d'y retrouver le professeur Tournesol.

Au départ du petit village de Santa Clara situé à l'extrémité nord-est des faubourgs de Lima, Tintin et Haddock prennent le train en direction de la ville andine de Jauja. Le trajet est l'occasion d'une scène spectaculaire d'accident ferroviaire, au milieu de paysages de montagne.

 

S'en sortant indemnes, Tintin et Haddock sont pris en charge par une draisine de la compagnie de train et accompagnés à Jauja (Jauga dans l'album).

 

De là, ils sont guidés à travers la cordillère des Andes par Zorrino vers le Temple du Soleil. Les recherches documentaires montrent que le paysage entourant le temple correspond à celui de Machu Picchu. On en déduit donc qu'ils franchissent successivement le Río Apurímac, la Cordillère de Vilcabamba et enfin le Río Urubamba pour y parvenir. Enfin, laissant Zorrino au Temple du Soleil, Tintin et le capitaine Haddock prennent en charge le professeur Tournesol vers la dernière étape de leur périple, la ville de Cusco.

Source: https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Temple_du_Soleil#


Les mystérieuses cités d'or

Il semblerait que la saison 1 des mystérieuses cités d'or soit l'objet d'un mélange entre les civilisations Inca et Maya.

 

Nous n'avons pas foulé la partie Maya qui se déroule en Amérique Centrale mais la rencontre avec les Amazones a peut-être eu lieu en Equateur. Le vieux pic (Machu Picchu) et le lac Titicaca (îles Uros) sont aussi représentés. 

source: http://www.cymc.online.fr/mco/

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L'île du Soleil - la bien nommée

Nous passons donc trois jours sur l'île sacrée du soleil. Point de voitures sur l'île, rien que des bonnes cuisses, des ânes, cochons et lamas. Nous journées se succèdent au rythme du soleil - lever (que l'on ne voit pas) et coucher sur les sommets que l'on gravit pour profiter du panorama. 

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Opération Machu Picchu

Pour tout vous dire, avant de monter dans le train, nous en avions raz-le-bonnet-péruvien du Machu Picchu! Sorte de passage "obligé", Machu Picsou, grèves empêchant l'accès, queues interminables pour les billets: on avait presque hâte d'en avoir fini, de pouvoir reprendre notre vie "normale" au jour le jour! 

 

Mais en démarrant le voyage en train (aucune route ne relie Ollantaytambo au site), on suit l'Urubamba en s'enfonçant dans la vallée sacrée. On ne peut faire autrement que de se laisser transporter - au sens propre comme au figuré - à 20km à l'heure (1h40 pour 30 km) dans cet univers vertigineux. Ne vous fiez pas à la photo, pas de champagne pour nous dans le train :-)

 

A Aguas Calientes, on prend encore un bus qui nous monte au sommet. La cité Inca se découvre alors dans toute sa majesté. La localisation elle-même comme l'exploit de construction sont grandioses. 

 

On redescend à pied en suivant Milo, petit cabri des Andes. Anna ne démérite pas, à quatre ans, elle finit la randonnée avec le sourire!


TeleMiLolAnna - Machu Picchu especial

Milo au rapport

Ce matin, on a pris le train pour le Machu Picchu. Ensuite on a pris le bus pour monter au sommet de la montagne jusqu’à l’entrée du site. Nous avons vu des lamas et un chinchilla. Nous avons visité l’Intiwatana, la pierre sacrée, la fontaine sacrée, la place sacrée, le temple du soleil et le temple du Condor. On a aussi vu des terrasses ou les Incas cultivaient leurs légumes dont du maïs. 

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Randonnée des miradors

Lola

Aujourd'hui nous sommes allés faire de l'équitation. Nous nous sommes rendus dans un genre d'enclos où se trouvaient les chevaux que nous devions monter.

 

Je suis montée sur l'un des chevaux, çà faisait haut! Une fois tout le monde sur les chevaux, nous avons commencé notre randonnée. Le point super c'est que le guide ne nous tenait pas, nous pouvions diriger nos chevaux nous mêmes. 

 

Le panorama était splendide et les chevaux très forts, car nous avons descendu un chemin très escarpé. Papa avait le mal de cheval et avec Anna ils ont fait une ruade, on a eu très peur.

 

C'était éprouvant, mais j'ai adoré, on recommence vendredi avec maman et Milo. 

 

 


Milo

Aujourd'hui nous sommes allée faire du cheval. C'était super, on pouvait les faire galoper. On s'est bien amusé, on avait une vue splendide sur Vilcabamba



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La jungle amazonienne

Lago Agrio esgt une ville pétrolière sans intérêt située à 30 minutes de la frontière colombienne. Elle jouissait il y a encore quelques années d'une réputation de coupe gorge, la région frontalière étant contrôlée par les guerillas FARC. Aujourd'hui le calme semble être revenu dans le secteur et nous pouvons dormir sur nos 10 oreilles cumulées à la veille de notre départ pour la jungle. Le jour dit, nous longeons l'oléoduc en bus pour rejoindre le pont sur le Cuyabeno. Nous devinons une lutte entre l'exploitation de l'or noir et celle de l'or vert, à moins que les deux se soutiennent, l'une offrant l'accès par l'oléoduc et l'autre les moyens de la préservation du parc. 

 

Nous pénétrons en territoire siona - peuplade amazonienne reculée après deux heures de pirogue sur le fleuve - ou se trouvent la dizaine de petites structures d'accueil exemplaires ou chaque lodge gère en autonomie énergie, circuit d'eau et déchets pour minimiser l'impact sur la nature qui nous accueille. Comme aux Galapagos que nous pensions l'exception, les ministères de l'environnement et du tourisme gèrent les retombées touristiques en bonne intelligence - semble-t-il - et prélèvent sur chaque entrée dans le parc de quoi préserver l'écosystème unique que nous foulons sous nos bottes. 

 

Car en posant le pied dans la pirogue, nous sommes pris en charge par un guide naturaliste anglophone ultra-compétent qui va vérifier chaque branche ou mousse que nous toucherons. La découverte est fabuleuse... à chaque moment de la journée son émerveillement.

 

Le matin à 6 heures, Milo sort Manu du lit pour monter sur la tour d'observation des oiseaux. Toucans, perroquets et aras sont au rendez-vous cependant que les filles ronflent encore. La journée se poursuit par l'exploration de la flore, on marche dans la boue et les marécages. Le guide allume de son briquet les émanations de méthane de décomposition. Un champignon minuscule attire notre attention en transformant les fourmis en zombie (détail ici): ses spores sont ingérées par les fourmis qui ainsi contaminées changent de comportement pour finir en nutriment au champignon qui l'utilisera comme racine: ingénieux et effrayant! 

 

La journée est aussi l'occasion de découvrir les dauphins roses, grenouilles dendrobates, paresseux ...paresseux, piranhas sécateurs (au sens propre!), singes - en veux-tu? En voilà: laineux, capucins, écureuils ou hurleurs. Partout la vie grouille autour de nous. 

 

Le soir venu, c'est à la lampe torche que nous débusquons les insectes (une grosse araignée scorpion remporte tous les suffrages de frayeur avec ses 30 centimètres de diamètre, loin devant les tarentules). Les yeux rouges des caïmans et boas vont alimenter les cauchemars des enfants qui se réveillent affolés plusieurs fois par nuit.

 

Il faut dire qu'elle est loin d'être calme, la nuit. Parfois un cri de bête déchire le brouahaha des grenouilles et autres insectes, nous rappelant que là où nous sommes règnent d'autres lois: celles de la jungle. 

 

 

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Bravant "el mar bravo"

De retour à Santa Cruz nous sommes confrontés à un choix cornélien : nous dorer la pilule pendant 8 jours ou remettre nos sacs sur nos dos et poursuivre l’exploration.

 

Fidèles à Darwin, n’écoutant que notre courage d’aventuriers, à l’unanimité, nous sautons dans le bateau à la découverte de la dernière île habitée non foulée par les petits coqs : San Cristobal.

 

Mille millions de mille sabords ! Qui n’a jamais affronté  « el mar bravo »ne sait pas ce qu’est une mer agitée.

Nous qui pensions naïvement avoir acquis la patte marine avec nos quelques cabotages en mer d’huile embarquions hier pour une traversée en direction de l’île de San Christobal qui n’eut rien d’une croisière s’amuse.

 

Le capitaine nous conseille d’utiliser les cabines d’aisance avant le départ. « Pourquoi maman, on pourra plus y aller après ? ». Premier doute. Distribution de sachets. Naaaan, pas besoin, on a déjà fait du pédalo sur le lac de Gerarmer, on a le pied marin.

  • Nous Les petits coqs :  « Como es el mar Capitan ? » (en baragouin espagnol)
  • El Capitan : Brava !
  • Nous Les petits coqs : Brava ??
  • El Capitan : Strong !!!
  • Nous Les coqs : euh…..

Le mot était laché. Le dernier audible aussi une fois les trois moteurs allumés.

 

Si nous avions été capables de bouger un petit doigt, nous aurions filmé ce qui s’ensuivit. Partis pour deux heures de traversée qui furent bientôt trois. On s’accroche, on tient le coup, on serre le bec, comme on peut. Puis on regrette le plancher des vaches que les simples volatiles que nous sommes n’auraient jamais dû quitter. Nous ne sommes pas des mouettes bon sang !

 

Je tiens la tête d’Anna dans mes bras. C’est curieux, les teints mats virent au gris. Je ne sais quelle couleur prend mon coup de soleil, mais Anna me demande : « tu es sûre que tout va bien, maman ? ». Sourire crispé. On nous vaporise du parfum. Sans doute pour couvrir les vapeurs d’essence… Mes mains se paralysent, des fourmis partout, puis c’est la tétanie. Les premiers sachets se remplissent autour de nous.

 

Dans un dernier souffle on maudit l’océan pacifique. Usurpateur ! Dans un ultime réflexe on se saisit à temps d’un sachet fourni aimablement avant le départ (çà aurait dû nous alerter). Mar Bravo et fluctuat nec mergitur. Les coqs ne sont pas des poules mouillées ! Je pense au trajet retour, dans une semaine, je pense à l’angélus de la collégiale. Je ne pense plus à rien.

 

 

Jusqu’à ce que les enfants exultent : terre ! 

 

 

 

 

 

 

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