Bravant "el mar bravo"

De retour à Santa Cruz nous sommes confrontés à un choix cornélien : nous dorer la pilule pendant 8 jours ou remettre nos sacs sur nos dos et poursuivre l’exploration.

 

Fidèles à Darwin, n’écoutant que notre courage d’aventuriers, à l’unanimité, nous sautons dans le bateau à la découverte de la dernière île habitée non foulée par les petits coqs : San Cristobal.

 

Mille millions de mille sabords ! Qui n’a jamais affronté  « el mar bravo »ne sait pas ce qu’est une mer agitée.

Nous qui pensions naïvement avoir acquis la patte marine avec nos quelques cabotages en mer d’huile embarquions hier pour une traversée en direction de l’île de San Christobal qui n’eut rien d’une croisière s’amuse.

 

Le capitaine nous conseille d’utiliser les cabines d’aisance avant le départ. « Pourquoi maman, on pourra plus y aller après ? ». Premier doute. Distribution de sachets. Naaaan, pas besoin, on a déjà fait du pédalo sur le lac de Gerarmer, on a le pied marin.

  • Nous Les petits coqs :  « Como es el mar Capitan ? » (en baragouin espagnol)
  • El Capitan : Brava !
  • Nous Les petits coqs : Brava ??
  • El Capitan : Strong !!!
  • Nous Les coqs : euh…..

Le mot était laché. Le dernier audible aussi une fois les trois moteurs allumés.

 

Si nous avions été capables de bouger un petit doigt, nous aurions filmé ce qui s’ensuivit. Partis pour deux heures de traversée qui furent bientôt trois. On s’accroche, on tient le coup, on serre le bec, comme on peut. Puis on regrette le plancher des vaches que les simples volatiles que nous sommes n’auraient jamais dû quitter. Nous ne sommes pas des mouettes bon sang !

 

Je tiens la tête d’Anna dans mes bras. C’est curieux, les teints mats virent au gris. Je ne sais quelle couleur prend mon coup de soleil, mais Anna me demande : « tu es sûre que tout va bien, maman ? ». Sourire crispé. On nous vaporise du parfum. Sans doute pour couvrir les vapeurs d’essence… Mes mains se paralysent, des fourmis partout, puis c’est la tétanie. Les premiers sachets se remplissent autour de nous.

 

Dans un dernier souffle on maudit l’océan pacifique. Usurpateur ! Dans un ultime réflexe on se saisit à temps d’un sachet fourni aimablement avant le départ (çà aurait dû nous alerter). Mar Bravo et fluctuat nec mergitur. Les coqs ne sont pas des poules mouillées ! Je pense au trajet retour, dans une semaine, je pense à l’angélus de la collégiale. Je ne pense plus à rien.

 

 

Jusqu’à ce que les enfants exultent : terre ! 

 

 

 

 

 

 

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