La jungle amazonienne

Lago Agrio esgt une ville pétrolière sans intérêt située à 30 minutes de la frontière colombienne. Elle jouissait il y a encore quelques années d'une réputation de coupe gorge, la région frontalière étant contrôlée par les guerillas FARC. Aujourd'hui le calme semble être revenu dans le secteur et nous pouvons dormir sur nos 10 oreilles cumulées à la veille de notre départ pour la jungle. Le jour dit, nous longeons l'oléoduc en bus pour rejoindre le pont sur le Cuyabeno. Nous devinons une lutte entre l'exploitation de l'or noir et celle de l'or vert, à moins que les deux se soutiennent, l'une offrant l'accès par l'oléoduc et l'autre les moyens de la préservation du parc. 

 

Nous pénétrons en territoire siona - peuplade amazonienne reculée après deux heures de pirogue sur le fleuve - ou se trouvent la dizaine de petites structures d'accueil exemplaires ou chaque lodge gère en autonomie énergie, circuit d'eau et déchets pour minimiser l'impact sur la nature qui nous accueille. Comme aux Galapagos que nous pensions l'exception, les ministères de l'environnement et du tourisme gèrent les retombées touristiques en bonne intelligence - semble-t-il - et prélèvent sur chaque entrée dans le parc de quoi préserver l'écosystème unique que nous foulons sous nos bottes. 

 

Car en posant le pied dans la pirogue, nous sommes pris en charge par un guide naturaliste anglophone ultra-compétent qui va vérifier chaque branche ou mousse que nous toucherons. La découverte est fabuleuse... à chaque moment de la journée son émerveillement.

 

Le matin à 6 heures, Milo sort Manu du lit pour monter sur la tour d'observation des oiseaux. Toucans, perroquets et aras sont au rendez-vous cependant que les filles ronflent encore. La journée se poursuit par l'exploration de la flore, on marche dans la boue et les marécages. Le guide allume de son briquet les émanations de méthane de décomposition. Un champignon minuscule attire notre attention en transformant les fourmis en zombie (détail ici): ses spores sont ingérées par les fourmis qui ainsi contaminées changent de comportement pour finir en nutriment au champignon qui l'utilisera comme racine: ingénieux et effrayant! 

 

La journée est aussi l'occasion de découvrir les dauphins roses, grenouilles dendrobates, paresseux ...paresseux, piranhas sécateurs (au sens propre!), singes - en veux-tu? En voilà: laineux, capucins, écureuils ou hurleurs. Partout la vie grouille autour de nous. 

 

Le soir venu, c'est à la lampe torche que nous débusquons les insectes (une grosse araignée scorpion remporte tous les suffrages de frayeur avec ses 30 centimètres de diamètre, loin devant les tarentules). Les yeux rouges des caïmans et boas vont alimenter les cauchemars des enfants qui se réveillent affolés plusieurs fois par nuit.

 

Il faut dire qu'elle est loin d'être calme, la nuit. Parfois un cri de bête déchire le brouahaha des grenouilles et autres insectes, nous rappelant que là où nous sommes règnent d'autres lois: celles de la jungle. 

 

 

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Commentaires: 2
  • #1

    babette (mercredi, 28 juin 2017 15:03)

    Et vous vous en êtes sortis vivants de cette jungle !
    Vous savez pourquoi ? Parce que vous êtes des coquelets et que vous savez voler...dès que vous êtes en danger et hop vous vous envolez lol
    Elle est pas belle la vie !?

  • #2

    Didier (dimanche, 02 juillet 2017 10:51)

    30cm c'est juste énorme....