En tribu au nord d'Ouvéa

Nous atterrissons sur Ouvéa, « la Wallis lointaine ». On dit que des habitants bannis de Wallis et Futuna ont émigré à la pirogue et baptisé l’île dans leur langue.

 

 

Ouvéa est également tristement célèbre en métropole : elle fût le théâtre d’événements indépendantistes à la fin des années 80 où périrent 4 gendarmes et 19 îliens dans la grotte de Hulup. Le sujet est tabou mais bien présent dans les esprits, les monuments commémoratifs sont encore fleuris.

Tout au nord des Loyauté, Ouvéa est aussi surnommée l’île la plus proche du paradis, et comme Jean Egen situait celui-ci à Lautenbach, nous sommes intrigués et impatients de vérifier qui dit vrai.

 

La préparation du voyage depuis la grande terre n’est pas une mince affaire – et si le paradis correspond à la difficulté d’accès sans doute les Calédoniens ont-ils gain de cause.

 

Seul Marc de la tribu du Nord répond à notre sollicitation, il met à disposition un emplacement pour notre tente. Encore faut-il en emporter une et le matériel de couchage.

Le pèse-personne de Christelle nous aide à calibrer nos sacs dont les kilos qui monteront dans l’avionnette sont comptés.

 

Autant dire que les affaires personnelles seront réduites à peau de chagrin. Nous ajouterons quelques paquets de soupe déshydratée, qui se révéleront précieux. 

 

Paulette nous accueille à Gossanah, au centre de la langue de terre qui sépare le pacifique du lagon classé par l’UNESCO. Sans voiture, rejoindre un ravitaillement ou la mer – l’un comme l’autre à 8km - nécessite qu’on se familiarise avec la coutume locale : le pouce. Les enfants apprennent vite et arrêtent les pickups qui nous font monter à l’arrière, pour le plus grand plaisir des auto-stoppeurs.

Les kanaks sont organisés en tribu hiérarchisée, avec une grande chefferie par aire coutumière, un chef de clan, un chef de tribu et enfin le chef de famille. Tous ont pour mission de faire respecter le droit coutumier, parfois différent du droit républicain. Le rôle de chef se transmet de père en fils.

 

Ouvéa a deux langues propres, l’Iaaï enseigné au collège et le fagouvea importé de Wallis.

 

Séjourner en tribu ressemble à notre incursion en communauté Quechua, la douceur du climat en plus. Autre différence de taille, Paulette n’a pas les soucis de Virginia de Chilcapamba concernant le financement de la scolarité de ses enfants : tout est pris en charge par l’éducation nationale française jusqu’à l’internat si la tribu est trop reculée.

Les soirs de fête, nous nous régalons à la table d’hôtes et avons le plaisir de goûter au poisson ou la langouste pêchés dans le lagon accommodés de papaye râpée, d’igname, de taros et de salade de chou. Au petit déjeuner, la confiture de lait de coco nous rappelle le « dulce de leche » d’Amérique du Sud. Tout le monde ici attend avec impatience le mois de Septembre, lorsque mangues, litchees et autres avocats du jardin garniront les tables.

 

 

Les habitants de l’île consomment ce qu’ils produisent (le coût des produits d’importation est prohibitif) et l’île produit de quoi nourrir tout le monde. Mais pour les simples touristes que nous sommes, difficile de se tenir à un budget de routard malgré la simplicité de notre hébergement. Et si Manu souhaite une bière, il faut tomber les jours « avec » car la vente d’alcool est autorisée seules quelques heures par semaine (aujourd’hui c’est jour « sans » : pas de chance !). 

 

Mais nous découvrons des turquoises inédits dans la mer, des coquillages gros comme le poing et des fonds marins exceptionnels.

 

Demain, nous sortons dans le lagon en bateau, il paraît que l'on peut approcher les raies manta.

 

C'est un rêve qui vaut bien quelques douches froides !

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Commentaires: 5
  • #1

    Meyer & Co (vendredi, 25 août 2017 09:24)

    ça fait du bien de vous lire... c'est pas qu'on s'inquiétait mais qd même...
    Une super expérience, votre immersion en tribu ! Oh, et le dessin de Manu sur le couronnement du nouveau Roi, j'en pleure encore ! Enorme !!
    De grosses bises à vous tous et bonne continuation : maintenant, c'est le poulet au pays du poulet ;-) Elle était facile celle-là ! A tout bientôt, on vs embrasse

  • #2

    les HNL (vendredi, 25 août 2017 10:12)

    Bon anniversaire à vous deux.
    Les photos, un régal pour les yeux et une envie folle d'être de vôtres, à laisser des traces sur le sable blanc.
    Le poulet ne manque pas d'ambition. Joli coup de crayon...
    La maxime" scout un jour, scout toujours" se vérifie à l'inventaire de votre équipement.
    Merci pour ce beau documentaire.

  • #3

    papilou marck (vendredi, 25 août 2017 15:39)

    Déjà un indice: s'il n'y a pas de bière tous les jours, le paradis, ce n'est pas là-bas.
    Reste donc le Lautenbach d'Egen ...
    ... mais ce dernier a-t-il vu ...Lautenbach-Zell ? Les anciens me rappellent qu'ils ne l'ont jamais vu ici.
    Donc restons prudents dans des appellations hâtives !

  • #4

    Nathalie E. (vendredi, 25 août 2017 20:03)

    Magnifique photos! Ce bleu est incroyable!

  • #5

    Celine Bach (samedi, 26 août 2017 09:14)

    Heureusement que la température n'est pas la même qu'au Pérou... au placard les doudounes, gants et bonnets :-D un p'tit paréo, un maillot de bain et le tour est joué ! Si vous nous faites rêver avec l'eau turquoise, le sable blanc, j'imagine sans problème que l'intendance ne doit pas être évidente tous les jours !!! Je connais quelques coqs alsaciens qui troqueraient leurs kilos de bagages contre un stock de bière ;oD histoire de ne pas se déshydrater !!