De Bali à Lombok

Nous quittons Bali.

 

Camilla et Rémy ont repris l'avion pour le florival, nous laissant trois sirènes inconsolables. "On va faire déborder la piscine avec toutes nos larmes!" s'inquiète Milo. 

 

Nous reprenons donc la route de l'aventure. Celle qui décline les bateaux rapides au profit des ferries publics cinq fois plus lents. 

 

Bali a été une belle parenthèse dans ce voyage. Revoir après quatre mois des sourires connus, prendre des nouvelles de notre glycine, des querelles de clochers locales, des cousins qui grandissent loin de nous pour un temps nous a fait beaucoup de bien. A tel point qu'on aurait presque pris l'avion pour rejoindre le bercail, nous aussi! 

Nous avons aussi profité du billet retour de poule rousse et papou coq pour les charger et renvoyer à la maison les 30% d'inutiles, nous voyageons encore plus légers à présent.

 

Car pour nous le voyage continue et en quittant les infrastructures touristiques balinaises, il reprend un goût d'aventure. Mon cerveau bouillonne et mon stylo frétille.

 

Pour rejoindre le port de Padang Bai d'où partent les ferries publics vers Lombok, nous sommes contraints de traverser le district de Karangasem, celui où se trouve le volcan qui menace. Notre chauffeur habite à 5 km du cratère et retourne quotidiennement sur ses terres pour nourrir ses bêtes. Elles sont invendables, nous raconte-t-il, les cours de la volaille et du boeuf se sont effondrés quand les fermes situées autour du cratère les ont tous vendu en même temps. En trois minutes il a ressenti une dizaine de secousses: le magma - disent les scientifiques - se rapproche de la surface. "Les anciens savent quand partir" nous assure le chauffeur, confiant. 

 

C'est dans un ferry vieux comme le monde - qui met lentement mais sûrement de la distance entre Agung et nous - que j'écris ces quelques lignes à l'encre du ciel noir qui nous surplombe. Je ne suis pas fâchée d'être à l'abri de l'épée de Damoclès qui planait au dessus de nos têtes depuis la mise en alerte maximale du volcan il y a trois semaines. Je pense à nos amis d'itinérantour, la famille voyageuse avec qui nous avons cheminé aux Galapagos. Ils habitaient Saint Barthelemy et ont tout perdu à l'arrivée du cyclone. De ce côté du globe, c'est un volcan qui pourrait bien sévir et briser des destins. 

 

Je me dis que nous avons bien de la chance, nichés au fond de notre vallée des fleurs, d'être épargnés par la colère des éléments. 

 

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