Le second envol

En février 2018, après 9 mois autour du monde, nous laissions la parenthèse ouverte. 18 mois plus tard, la basse cour déploie à nouveau ses ailes pour un second envol. Un petit tour de deux mois, quelques semaines de découverte qui nous mèneront de Londres à Singapour pour une pause sauvage sur l'île de Bornéo, puis toujours vers l'est vers le Pacifique par la Nouvelle Zélande et la Polynésie française pour enfin rallier Londres par Los Angeles. 

 

Après quelques mois au poulailler, les ergots nous démangeaient à nouveau. le coq était bien devenu migrateur. Milo immédiatement enthousiaste a milité pour l'observation des orang-outans en Malaisie puis des fonds marins de Tahiti. Le ton était donc donné. Le 15 Juin 2019 nous rechaussons donc nos sacs à dos et volons plein est autour de la terre. Passées les mégalopoles de Londres et Singapour qui constituent des noeuds de transit, l'aventure reprend quand nous traversons la frontière terrestre entre Singapour et la Malaisie. Pour rallier Bornéo depuis la péninsule, le vol interne depuis Johor Bahru revient trois fois moins cher que depuis Singapour. Johor est "juste" de l'aute côté de la frontière: depuis Lautenbach où je réserve les billets, l'opération a l'air juteuse.

 

Mais il existe peu de références sur cette dite frontière, et pour cause. Les voyageurs l'évitent. Le passage est pourtant pratiqué quotidiennement par les malais qui viennent travailler à Singapour et par les singapouriens qui se ravitaillent en Malaisie. Économiquement, les échanges ressemblent à ceux de notre frontière suisse: les malais sont les frontaliers qui bénéficient de meilleurs conditions dans le pays voisin. 

 

Après le bus jusqu’au checkpoint, la sortie de Singapour ne pose aucun problème, à pieds, nous traversons le "no man's land". Aucun européen ici, les chevelures claires de nos enfants brillent dans le bus qui nous mène à Johor. Nous retrouvons bien ici la Malaisie industrieuse que nous avions laissée à Kuala Lumpur. Puis ce sont les formalités d'immigration. Un hall de gare plein à craquer se range organiquement. Plusieurs milliers de personnes s'organisent en files indiennes vers vingt postes frontière. Nous cherchons des options, des passe-droits. Nous brandissons nos enfants arborant pour l'occasion une mine défaite. Agitons nos cartes d'embarquement expirant dans trois heures. Rien n'y fera, il n'y a pas de retour en arrière possible. Il faudra trouver une saignée improbable dans cette masse mouvante et décrocher le tampon libérateur. Aucun signe d'impatience autour de nous pourtant. Par spasmes la marée humaine réduit centimètre après centimètre la distance qui nous sépare du cerbère. La porte s'ouvre enfin. Rendez-vous dans 15 jours pour le ticket retour. 

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