Selamat tinggal Sarawak

Voilà donc deux semaines que nous sommes au Sarawak, région malaise du nord-ouest de l'île de Bornéo que se partagent l'Indonésie au sud, la Malaisie et le Brunei au nord depuis les accords entre l'Angleterre et les Pays Bas au 19e siècle. 

 

Bornéo est musulmane à 68% en particulier au sultanat de Brunei qui pratique depuis cette année la charia la plus stricte du monde. Ici au Sarawak voisin nous ne ressentons pas de pression particulière et il est même possible de trouver ici des shorts pour les filles (ce qui n'était pas le cas à Kuala Lumpur). 

 

La région du Sarawak voue une tendresse particulière à trois "rajahs blancs", des descendants britanniques venus d'Inde pour gouverner semble-t-il avec justice durant les cent ans qui ont précédé la seconde guerre mondiale. Après la guerre et quatre ans d'occupation japonaise, le Sarawak et le Sabah sont cédés à la couronne d'Angleterre avant de rejoindre la fédération de Malaisie en 1963. Aujourd'hui ces deux états excentrés du pouvoir ont la sensation de se faire dépouiller de ses ressources par le gouvernement central de Kuala Lumpur. 

 

De la colonisation anglaise, les sarawakiens ont conservé des bâtiments (ci-dessous les photos d'un ancien pensionnat catholique dans lequel nous logeons), et la langue qui est enseignée depuis l'école primaire et qui donne à tous ici un avantage certain dans les échanges commerciaux. Très favorisé par rapport à sa voisine indonésienne Kalimantan, l'état du Sarawak finance intégralement l'éducation et la santé de ses citoyens grâce à l'exploitation de son pétrole. Ses citoyens sont par conséquents assez peu critiques vis-à-vis du pouvoir. Quand nous abordons avec nos guides les enjeux de déforestation, ils renvoient la balle du côté indonésien il est vrai moins pourvu en or noir. 

 

Un changement de gouvernement local en 2014 a soufflé un vent d'espoir après 14 ans de suspicion de corruption au plus haut niveau de l'état. Le nouveau premier ministre se dit sensible à la protection des ressources de sa région, l'une des plus riches de la planète en matière de biodiversité mais aussi l'une des plus menacées. De par son caractère insulaire, l'île a développé "une épidémie d'endémies" où les espèces ont évolué sans mélange avec d'autres région. La superstar incontestée, étendard de l'île est sans conteste l'orang-outan aujourd'hui menacé d'extinction. 

 

La réserve de Semenggoh où nous avons pu les observer abrite 31 spécimen en semi-liberté. Ils sont libres de venir au nourrissage deux fois par jour s'ils ne trouvent pas ce qu'il leur faut dans le parc... 

 

 

 

 

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Commentaires: 1
  • #1

    les HNL (mardi, 02 juillet 2019 15:51)

    L.Histoire racontée à la manière des Petits coqs est passionnate...Merci